« La nouvelle vague et nous ! | Accueil | Les Etats font leurs marchés ! »

14 mars 2008

Ta voiture au prix d’une moto !

Eh oui cher lecteur, c’est ce qui risque de se passer dans quelques années ! Vous allez probablement payer votre voiture tellement peu cher que son prix ne sera pas éloigné de celui d’une grosse moto ! Et ce n’est pas de la publicité mensongère ! En effet, le low cost ne se limite plus aux compagnies aériennes mais a pénétré également avec force l’industrie automobile. Il va devenir probablement l’un des axes majeurs du développement de ce secteur dans les prochaines années !

            Mais commençons par le commencement ! Rappelez-vous à la fin des années 80 et au début des années 90, avec la libéralisation financière on a assisté à l’émergence d’une nouvelle race de consommateurs. Il s’agit de ces yuppies des places financières de Londres, de Paris ou de New York qui ont gagné comme intermédiaires et comme agents sur les marchés financiers beaucoup d’argent et ont constitué une nouvelle classe de consommateurs avec ses goûts de luxe et de faste. L’apparition de ses nouveaux riches a été à l’origine d’un changement radical dans les stratégies des grandes entreprises dans les produits de consommation. Il fallait tout de suite répondre aux besoins de cette nouvelle classe et offrir des produits plus raffinés et par conséquent nettement plus chers. Il faut se rappeler ces années « fric » au début des années 90 où, par exemple, les compagnies aériennes avaient réduits les sièges en classes économiques pour offrir plus de sièges à ces nouveaux maîtres du monde dans les classes supérieures. De même, pour les autres biens de consommation de luxe comme la mode, le logement ou la voiture où on a enregistré le développement de la même stratégie qui privilégiait ces consommateurs aux poches bien remplies ! C’était la victoire de l’ère post-moderne d’affirmation de l’individu, où la consommation participait à cette stratégie du paraître !

            Les grands groupes suivaient cette stratégie, jusqu’au jour où on s’est rendu compte qu’elle laissait de côté une grande partie des consommateurs dont la demande de loisirs n’était plus satisfaite car ces grands groupes privilégiaient les consommateurs riches et pratiquaient des prix très élevés. A cela il fallait rajouter le climat morose sur les marchés financiers avec les crises à répétition qui ont eu pour effet de réduire cet appétit de consommation de la part des nouveaux riches. Le temps n’était plus aux paillettes du début des années 90 et le spleen a remplacé l’euphorie du début des années 80. Dans ce contexte, les grandes compagnies se sont retournées de nouveau vers « la masse » qu’ils avaient délaissé des années durant ! La stratégie sur les marchés des biens de consommation a changé du jour au lendemain et les compagnies se sont tournées vers les produits à bas prix où ce qu’on appelle maintenant communément le « low cost ». Cette stratégie a commencé dans le domaine du transport aérien où, après l’échec des premières tentatives, on a enregistré le développement d’un grand nombre de compagnies « low cost » qui sont venues concurrencer fortement les compagnies traditionnelles emmurées dans leurs habitudes. Cette concurrence est devenue tellement forte pour les compagnies traditionnelles que la plupart d’entre-elles ont fini par créer leurs propres filiales « low cost ».

Mais, la stratégie du bas prix ne s’est pas limitée aux compagnies aériennes et a touché d’autres domaines dont l’industrie automobile. C’est le constructeur français Renault qui a attaqué le premier ce marché en lançant en octobre 2004 sa « Dacia Logan low cost » pour 7 500 dinars. Le succès fût immédiat et le constructeur français a vendu 450 000 unités à la fin de l’année 2006. Il espère atteindre 900 000 unités en 2009. Ce succès a immédiatement attiré la concurrence et plusieurs constructeurs se sont lancés à contre-cœur dans la production de voitures à bas prix. Et qui mieux que le président de Toyota, Katsuaki Watanabe, dont la stratégie a depuis longtemps été de pénétrer le marché du luxe qui était réservé aux voitures occidentales et de démontrer que les voitures asiatiques ne sont pas synonymes de bas de gamme pour exprimer ce changement contraint et forcé de stratégie. Le président de Toyota déclarait « qu’une voiture à bas prix, donc de conception basique, semblait contraire à notre doctrine : l’amélioration permanente. Mais, nous sommes maintenant persuadés que la demande de véhicules low cost va croître, tant dans les pays émergents que dans les pays développés ».

Mais, c’était sans compter sur les constructeurs des pays émergents. Ainsi, le constructeur indien Tata vient de lancer une bombe sur les marchés. Il lancera une nouvelle voiture low cost dans les prochains mois à, tenez vous bien, 2 500 dinars ! Qui dit mieux ! Et en plus cette voiture ne sera pas un véhicule de pacotille et le directeur de Tata de souligner « nous proposerons une vraie voiture, déclinée sous plusieurs carrosseries. En la voyant, les gens auront envie de l’acheter ». Déjà le constructeur français Renault a annoncé qu’il révisera fortement les prix de sa Dacia et de la proposer bientôt à seulement 3 300 dinars. Et les spécialistes estiment que la Chine ne tardera pas à entrer sur le marché en proposant des voitures certainement moins chères !

Vous voyez, cher lecteur, vous allez pouvoir acheter dans quelques mois une voiture au prix d’une moto ! Mais, le véritable risque est certainement du côté de nos enfants et des générations futures car cet accès aux véhicules individuels aux dépens des transports en commun ne fera qu’accroître la pollution d’une planète déjà bien malade !

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00e54ed7b13a883300e5511644498833

Voici les sites qui parlent de Ta voiture au prix d’une moto ! :

Commentaires

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire