Les tapis rouges ont été rangés! Les lustres ont été éteints! Les milliers de journalistes venus du monde entier pour suivre ce sommet ont déjà quitté Londres! Mais les questions demeurent ! Ce sommet du G20 va-t-il véritablement aider notre monde à dépasser la crise et à relancer la croissance et l'emploi? Le sommet du G20 réussira-t-il à changer le capitalisme et à mettre en place les réglementations et les codes capables de faire face à la folie des marchés financiers et au goût du risque prononcé des traders? Ce Sommet sera-t-il en mesure de faire face au plongeon du commerce international et de prendre les décisions nécessaires à une relance des échanges mondiaux? En somme, ce sommet sera-t-il le point de départ d'un nouveau capitalisme moins débridé et plus régulé? Et ce sommet allait-il mettre fin au productivisme et favoriser un nouveau départ avec un mode de développement plus écologique et respectueux de l'environnement?
Autant de questions et d'interrogations ont accompagné probablement l'un des sommets les plus suivis de ces dernières années! Mais, l'inquiétude et la nervosité étaient à leurs comble dans l'attente de ce Sommet. Tant auprès des hommes politiques, des experts que des divers observateurs, une certaine crainte et de l'appréhension étaient perceptibles. Une inquiétude sourde pesait de tout son poids sur les préparatifs. Ces inquiétudes s'expliquent pour deux raisons essentielles. La première est plutôt liée à l'histoire du capitalisme et à la grande crise des années 30 à laquelle on compare aisément la crise actuelle ce qui constitue un indice sur l'importance de la débâcle actuelle. Or, historiens et hommes politiques ont relevé que les pays développés de l'époque avaient appelé à un grand sommet qui s'est tenu à Londres également en 1933. Ils ont probablement à l'esprit que l'échec de ce sommet a été à l'origine d'un pourrissement de la crise et du saut du monde capitaliste vers l'abîme. Les pays ont alors privilégié les solutions nationales avec une forte montée du protectionnisme. L'explosion du chômage et l'exacerbation des sentiments nationalistes ont conduit le monde tout droit vers le conflit le plus tragique de l'histoire de l'humain. Cet échec et ses conséquences sur l'avenir de notre monde n'étaient certainement pas étrangers aux inquiétudes et à l'appréhension qui ont régné lors des derniers jours de préparation du sommet. Ils ont expliqué également cette volonté des principaux acteurs d'aplanir les divergences et d'atteindre un consensus qui donnerait confiance aux économies et les rassurerait quant à la capacité des responsables politiques à gérer cette crise et à empêcher sa transformation en une faillite totale du système!
Ces inquiétudes et cette appréhension croissante s'expliquaient également par les divergences qui sont apparues ces dernières semaines et qui ont pesé de tout leurs poids sur les travaux préparatoires des sherpas! Ces divergences ont conduit le président français à menacer de quitter le sommet s'il n'aboutissait pas à des résultats concrets. Et, les divergences étaient bien réelles à quelques jours du sommet. D'un côté, les Américains qui avaient multiplié les initiatives et les plans pour relancer l'économie avec un dernier plan de près de 800 milliards de $ trouvaient les efforts européens dans ce domaine discrets et beaucoup trop faibles pour assurer une relance forte de l'économie mondiale. Les Américains, qui avaient trouvé dans les Britanniques un allié de taille, mettaient l'accent sur la nécessité de donner une plus grande vigueur à la relance et à la nécessité d'aboutir à un plan de relance globale. Or, les Européens, et particulièrement le couple franco-allemand, ne l'entendaient pas de la même oreille. Au contraire, ils estimaient qu'ils avaient fait les efforts nécessaires en matière de relance. Et, si leurs efforts étaient moins importants que ceux fournis par les Américains c'est que l'Etat-providence et son filet social pouvaient apporter un appui supplémentaire aux populations touchées par la crise, ce que ne pouvaient pas faire les Américains! Aussi, les Européens ont mis en avant l'idée de ne pas perdre de vue les équilibres budgétaires et d'empêcher que les plans de relance colossaux n'entraînent une fuite en avant dans les déficits des finances publiques. Mais, plus fondamentalement, pour le couple franco-allemand, il ne fallait pas perdre de vue l'origine de la crise qui réside dans une déréglementation des marchés financiers qui a créé ce tsunami financier. De ce point de vue, les plans de relance ne seraient pas efficaces s'ils ne s'accompagnaient pas d'une plus grande régulation du système afin de rétablir la confiance des différentes acteurs. Ainsi, les travaux préparatoires de ce sommet étaient marqués par cette opposition sourde entre le volontarisme américain et la tentation réglementaire des européens! Détermination anglo-saxonne contre quête de règles et de normes du côté européen, une opposition qui a marqué ces travaux préparatoires et laissaient planer le doute et le risque d'échec sur ce Sommet.
Or, ces inquiétudes et ces craintes ont été balayées le soir même et les dirigeants présents étaient unanimes pour considérer que ce sommet était une réussite éclatante. Le premier ministre britannique Gordon Brown avait même considéré que c'était un important départ pour la construction d'un nouvel ordre international. Il y avait une unanimité sur la réussite de ce Sommet le jour même et les voix discordantes étaient minoritaires. Cette unanimité s'est retrouvée dans la presse et le quotidien français Libération n'a pas hésité à mettre en titre à la une "Un G20 pas vain" au lendemain du sommet. De son côté, le quotidien économique français La Tribune partage cette même analyse du Sommet et souligne en titre à la une "Ils n'ont pas déçu". Le quotidien français La Croix souligne dans sa une que "Le G20 pousse à l'action"et le journal Le Monde n'hésite pas à donner à son éditorial un titre, "Que vive le G20", qui en dit beaucoup sur son analyse de ce sommet et de ses résultats.
Le consensus et l'unanimité sur cette réussite ont été également partagés par les marchés financiers qui ont clôturé à la hausse le jour même et quelques heures après la clôture du Sommet. En effet, les résultats du Sommet du G20 ont été bien accueillis par les plus importants marchés financiers qui ont enregistré d'importantes hausses comme le Dow Jones à New York (+2,79%), le Nikkei à Tokyo (+4,40%), le Footsie à Londres (+4,28%), le Nasdaq à New York (+3,29%), le CAC 40 à Paris (+5,37%), le X-DAX à Francfort (6,07%).
Mais, très rapidement certaines questions ont commencé à se faire entendre à la lecture du communiqué final dont la teneur a été divulguée quelques jours auparavant dans la presse. Et, certains n'hésitent pas à se montrer plus circonspect devant l'unanimité régnante. Ainsi, le quotidien Wall Street Journal choisit comme titre à sa une du 3 avril "Measured gains for G20" (gains mesurés pour le G20) ce qui montre son scepticisme par rapport aux résultats atteints. Et, le consensus et l'unanimité se transforment progressivement en doutes et en interrogations. Particulièrement la presse internationale et les quotidiens économiques ont commencé à exprimer une certaine perplexité quant aux résultats. Ainsi, le Financial Times choisit le titre "Large numbers serve to hide big divisions" (de grands chiffres pour cacher de grandes divisions) pour évoquer les annonces du sommet sur la relance mondiale et l'appui aux pays en développement dans son édition du 4 avril.
Ces doutes vont trouver un écho sur les plus importants marchés financiers. Ainsi, le rebond boursier post-G20 a été furtif. En hausse le jour du sommet du G20, les grandes bourses ont été à la baisse et n'ont pas été en mesure de maintenir cette hausse le lendemain du Sommet. Londres a perdu 2,31% et Paris -1,11% et la hausse à Francfort a été très faible 0,07%. La bourse de New York n'a pas été à la fête et le Dow Jones (-0,48%) et le Nasdaq (-0,16%) ont été à la baisse.
Mais, l'unanimité va s'effriter de manière plus marquée et de nouveaux articles mettent l'accent sur les résultats mesurés du Sommet. Ainsi, le Financial Times du 4 avril publie un article on ne peut plus critique intitulé "London Summit has little impact on global economics" (Le Sommet de Londres a peu d'impact sur l'économie globale". Dans son éditorial intitulé "The economic Summit
Ainsi, le consensus sur la réussite de ce Sommet s'est transformé en un doute de plus en plus partagé. Afin de comprendre les raisons de ces inquiétudes et de ces doutes, il est nécessaire de revenir sur les plus grands décisions de ce Sommet et de mesurer la pertinence des réponses apportées eu égard aux défis et aux enjeux de la crise actuelle.
Le premier aspect auquel ce sommet s'est attaqué concerne la relance de l'économie mondiale. Au-delà des divergences qui sont apparues avant le sommet entre européens et américains, la déclaration finale du sommet souligne "nous inaugurons une expansion budgétaire concertée sans précédent destinée à sauver ou créer des millions d'emplois, qui sans cela auraient été détruis". Le chiffre impressionnant de 5000 milliards de $ a été avancé pour les efforts de relance budgétaire qui seront mis en place par les pays du G20 afin de faire face à cette crise sans précédent et mettre l'économie mondiale sur les chemins de la croissance. Le communiqué indique aussi "nous nous engageons à aller aussi loin qu'il le faudra dans l'effort budgétaire pour restaurer la croissance". Or, après ses premières annonces, il a fallu rapidement déchanter dans la mesure où ces montants ne sont au fait que la comptabilisation des différents plans de relance mis en place par ces pays au niveau national. Donc, clairement, il n'y pas d'efforts supplémentaires en matière de relance et les pays poursuivront leurs efforts au niveau national.
Le second aspect est lié au renforcement de la régulation et de la supervision des systèmes financiers. A ce niveau la déclaration souligne que "les principaux échecs de la régulation et des contrôles du secteur financier ont joué un rôle essentiel dans la crise". De ce point de vue, un consensus s'est dégagé lors de ce sommet sur l'importance et la nécessité d'instaurer de nouvelles règles qui mettront fin aux prises de risque et à l'aventurisme des traders. Ces nouvelles règles constituent des points de passage obligés à une reprise soutenable de la croissance et à une sortie durable à la crise actuelle. La déclaration souligne que "la confiance ne sera pas restaurée tant que nous n'aurons pas assaini notre système financier. Nous prendrons des mesures pour établir un cadre de surveillance et de régulation plus cohérent pour le futur secteur financier qui soutiendra une croissance globale durable et servira les exigences des affaires des citoyens". A ce niveau, la plus importante décision du sommet a été l'établissement du Conseil de stabilité financière qui devrait prendre la place de du Forum de stabilité financière. Cette nouvelle institution sera élargie aux pays membres du G20 et son mandat sera renforcé pour signaler, en collaboration avec le FMI, les risques macroéconomiques et financiers et suggérer les actions à prendre pour faire face à ce risque.
Par ailleurs, la déclaration a indiqué que les pays se sont mis d'accord pour réformer les systèmes de réglementation, l'extension de la réglementation à tous les instruments, les marchés et les institutions financières d'importance systémique, l'application des principes rigoureux de paiement et de compensation et l'amélioration de la qualité et de la quantité du capital dans les banques. Certes, il s'agit d'une évolution importante pour réguler un peu plus un capitalisme financier débridée et qui a été à l'origine de toutes les dérives. Cependant, beaucoup soulignent qu'il s'agit d'orientations générales qui demandent rapidement des précisions et des clarifications. Si on prend par exemple la question des hedges funds, les pays du G20 ont souligné dans leur déclaration qu'il fallait "étendre la réglementation et la surveillance à tous les instruments, les marchés et les institutions financières d'importance systémique. Cela comprend, pour la première fois, les fonds spéculatifs d'importance systémique". Cette proposition constitue, certes, une importante avancée dans la mesure où ces fonds échappaient par le passé à une série de règles. Or, il reste d'abord à définir ses mesures et surtout à déterminer le niveau à partir duquel on considère que ces fonds ont une importance systémique qui peut remettre en cause le système dans sa globalité.
Il est de même pour la question des fonds propres des banques afin de limiter leurs engagements et l'octroi de crédits. Les pays du G20 ont souligné qu'une "fois que le redressement sera assuré, (il fallait) améliorer la qualité, la quantité et la cohérence internationale du capital dans le système bancaire. A l'avenir, la réglementation doit prévenir les endettements excessifs et exiger que des fonds de réserve soient constitués en temps utile". A ce niveau également, il s'agit de principes généraux dans un domaine pourtant où nous disposons d'une importante littérature sur le capital propre des banques et les différents ratios qu'il faille respecter. Le G20 aurait pu donner à ses recommandations des orientations concrètes ou tout au moins des indications claires sur les mesures à mettre en place dans domaine.
On peut aussi souligner les questions comptables et la préoccupation exprimée depuis quelques mois pour définir de nouvelles normes qui évitent une dévaluation rapide des actifs et des provisions dans les bilans des banques afin de les aider à résister aux vagues de dépréciation rapide lors des périodes de crise. Le G20 s'est saisi de cette question et a souligné dans sa déclaration finale qu'il était nécessaire "d'appeler les normalisateurs comptables à travailler de toute urgence avec des superviseurs et des régulateurs pour améliorer les normes de valorisation et de provisions et parvenir à un seul ensemble de normes comptables mondiales de haute qualité". Or, là également, même si la perspective est donnée, elle reste un peu trop générale et manque d'orientations concrètes.
Le troisième grand sujet sur lequel s'est penché le G20 est celui des paradis fiscaux où ce qu'on appelle plus pudiquement les pays non coopératifs. Cette question a fait l'objet d'une mobilisation sans précédent avant le sommet. Plusieurs raisons expliquent cette mobilisation et le consensus qui s'est dégagé entre les pays sur cette question. La première est liée aux fortes baisses de recettes fiscales que ces centres font subir aux finances publiques particulièrement dans ces temps de crise où on a besoin de ressources plus importantes pour faire face aux besoins pour financer les plans de relance et les plans de sauvetage des banques. Or, jusque-là, on était persuadé que le manque à gagner par les pays du fait de la transition des capitaux de leurs ressortissants par ses centres était faible. Cependant, depuis plusieurs études ont montré que ces sommes étaient importantes et que les pertes fiscales pour les pays étaient non négligeables. C'est ce qui explique l'importance désormais accordé par beaucoup de pays aux paradis fiscaux et à l'impératif de leur coopération avec les autres pays afin de faire face à ce manque à gagner fiscal. Par ailleurs, cette forte mobilisation et le consensus qui s'est dégagé sur les paradis fiscaux s'expliquent également par le rôle qu'ils ont joué dans le développement des produits à haut risque et l'accueil des hedges funds.
Cependant, en dépit de ces accords, il n'a pas été facile pour les pays du G20 d'aboutir à un consensus sur les paradis fiscaux. Certains n'ont pas hésité à montrer la City du doigt en disant que c'est le plus grand paradis fiscal au monde. Par ailleurs, d'autres pays comme Andorre, le Liechtenstein, la Belgique, l'Autriche et la Suisse ont décidé d'assouplir les règles du secret bancaire afin d'échapper aux foudres du G20. Mais, en dépit des pressions et des évolutions dans certains pays, le sommet a tenu à inclure cette question dans sa déclaration et a mis l'accent sur la nécessité de "prendre des mesures contre les pays non coopératifs, dont les paradis fiscaux font partie. Nous sommes prêts à mettre en place des sanctions pour protéger nos finances publiques et nos systèmes financiers". Et, le G20 de déclarer que l'époque du secret bancaire est terminé et que tous les détenteurs de capitaux doivent rendre compte aux autorités fiscales et payer des impôts.
A ce niveau, le G20 a adopté la démarche de l'OCDE en publiant trois listes. La première concerne les pays qui se sont engagés à "respecter les standards internationaux sur le plan fiscal". Dans cette première liste, que beaucoup nomme comme la liste blanche et qui comprend 40 pays, on trouve entre autres la France, les Etats-Unis, Jerzey ou l'île de Man. La seconde liste, ou liste grise, comprend des pays qui ont certes pris des engagements mais ne respectent pas encore substantiellement les standards. Dans cette liste on trouve 30 pays considérés comme "paradis fiscaux" dont Monaco, les îles Caïman ou le Liechtenstein. On trouve aussi dans cette seconde liste huit pays classés comme "autres centres financiers" dont l'Autriche, la suisse et le Luxembourg. La troisième est la liste "noire" et qui comprend quatre pays, Costa Rica, Labuan, Philippines et Uruguay, qui n'ont pris aucun engagement.
L'adoption de cette démarche et la publication de ses listes a fait l'objet d'intenses négociations jusqu'à la fin du sommet. Mais, son adoption et sa publication comme un des documents annexes du sommet constitue sans nul doute une avancée. Cependant, beaucoup restent persuadés que cette liste a fait l'objet d'un important lobbying politique. Par ailleurs, beaucoup de pays ont pu échapper au dernier moment à la liste noire car ils ont annoncé des engagements de se plier aux standards internationaux sur le plan fiscal sans que cet engagement ne se traduise encore par des mesures concrètes. Par ailleurs, d'autres observateurs estiment que la publication de listes n'est pas suffisante et qu'il faut désormais envisager dans le futur de nouvelles actions et des mesures de rétorsion contre les paradis fiscaux.
Le quatrième niveau important dans les résultats du sommet du G20 est lié au renforcement des organismes financiers mondiaux dont le FMI que beaucoup considèrent comme le grand gagnant de ce sommet. Le renforcement de ces institutions passe, indique les pays membres du G20, par une réforme des modes de gouvernance, une révision du mandat et une augmentation substantielle des ressources. Pour ce qui est de la gouvernance, la déclaration de ce sommet s'engage à favoriser une meilleure représentativité des pays en développement dans les structures des institutions internationales. A ce niveau, il faut noter deux décisions concrètes. La première est d'accélérer la mise en place des réformes sur les voix et les quotas du FMI qui ne devaient être mise en place qu'en 2014 et qui devrait avoir lieu avant la fin de 2010. Par ailleurs, le recrutement des dirigeants des grandes institutions financières internationales ne doit plus se limiter aux ressortissants des pays développés mais devrait dans le futur être ouverts et se faire par un processus de sélection transparent et sur la base du mérite et de la compétence et non pas du seul critère géographique. Le sommet a également appelé les institutions internationales à poursuivre la réflexion sur la réforme du mandat des institutions financières internationales de manière à ce qu'elles puissent jouer un rôle plus actif dans la prévention des crises et dans leur gestion.
Mais, l'annonce la plus importante de ce sommet est probablement celle liée à l'accroissement sans précédent des ressources des institutions financières internationales. A ce niveau, le chiffre magique de 1100 milliards de $ a été avancé pour montrer l'ampleur de la relance mondiale que le G20 compte mettre en œuvre particulièrement à destination des pays émergents et des pays pauvres. La déclaration du Sommet revient largement sur l'importance de renforcer l'appui de la communauté internationale à ces pays et souligne que "les marchés émergents et les pays en voie de développement, qui ont été le moteur de la récente croissance mondiale, sont eux aussi confrontés à des défis qui s'ajoutent au fléchissement actuel de l'économie globale. Il est impératif pour la confiance mondiale et le rétablissement économique que les capitaux continuent de les irriguer". Ces ressources supplémentaires seront composées de 500 milliards de $ pour le FMI, de 250 milliards d'émission de droits de tirages spéciaux pour le FMI, de 100 milliards de $ pour les banques de développement et de 250 milliards de $ pour le financement du commerce, ce qui représente un total de 1100 milliards de $.
Or, cette enveloppe financière a fait l'objet d'un examen critique de la part d'experts qui ont montré qu'il n'y aurait pas de nouvelles ressources et qu'il s'agit dans beaucoup de cas d'une simple agrégation de ressources existantes ou déjà engagées (voir l'article de Chris Giles "Large numbers serve to hide big divisions" dans le Financial Times du 3 avril 2009). Pour ce qui des 500 milliards de $ de ressources supplémentaires pour le FMI, ces experts notent que cette institution dispose déjà de 250 milliards auxquelles il faut rajouter les promesses de 100 milliards de $ faites par le Japon en novembre dernier et de 75 milliards d'euros faites par l'Union Européenne au mois de mars. La différence seulement constitue des ressources additionnelles qui reste faible et ne sera pas disponible immédiatement. Pour ce qui est des 250 milliards de DTS, ils respecteront dans leur distribution la structure actuelle du capital du FMI et près de 44% seront allouées aux pays du G7. Pour ce qui est des 250 milliards de $ pour le financement commerce, une grande partie est constitué par réallocations budgétaires et le montant des nouvelles ressources engagé reste faible. Enfin, pour les 100 milliards de $ pour appuyer les banques de développement, une grande partie est constitué par les prévisions des budgets d'aide au développement des pays. Ainsi, les ressources nouvelles semblent limitées et il s'agit en grande partie, comme c'est le cas pour la relance mondiale, d'une agrégation de dépenses déjà en cours et les ressources nouvelles sont faibles.
Mais parallèlement au niveau des ressources, il faut mentionner également les conditions d'accès pour les pays. A ce niveau, beaucoup de critiques ont été formulées depuis de longues années sur les conditionnalités imposées par le FMI et la Banque Mondiale pour l'accès des pays à leurs ressources. D'ailleurs, si beaucoup de pays, notamment en Asie, avaient accumulé d'importantes réserves ses dernières années c'était pour éviter une répétition de la crise de 1997 et des conditionnalités que le FMI leur avait imposé à l'époque. Récemment, certains pays en développement étaient réticents à une plus grande implication du FMI dans la gestion de cette crise de peur de renouer avec les vieux démons.
Or, il faut souligner que ces préoccupations et ces critiques ont été prises en considération par le FMI qui a annoncé un changement important de doctrine sous les pressions des pays émergents du G20. Le FMI a décidé de lancer une nouvelle ligne de crédit appelé "Ligne de crédit flexible" qui concerne les pays qu'il considère bien gérés. Sans critère de performance ni limite de montant, la LCF
La dernière question d'importance évoquée par le sommet du G20 est relative au rejet du protectionnisme et la relance du commerce international. A ce niveau, il a relevé la baisse sans précédent du commerce international qui est estimé à -9% pour l'année 2009. Il faut souligner l'engagement à s'opposer à la montée du protectionnisme et l'invitation faite à l'OMC pour superviser les pratiques des pays. En même temps, les membres du G20 ont annoncé un appui de l'ordre de 250 milliards de $ pour la relance des échanges mondiaux. Mais, la décision la plus importante est probablement celle liée à la conclusion du Round de négociation de Doha. A ce propos, il faut noter dans la déclaration "l'engagement pour parvenir à une conclusion ambitieuse et équilibrée concernant le cycle de Doha pour le développement, qui est d'une absolue nécessité".
En définitive, les résultats de ce sommet sont minimales. D'abord, les engagements financiers ne sont qu'une agrégation de dépenses déjà en cours et les ressources nouvelles semblaient limitées. Par ailleurs, les nouvelles propositions dans le domaine de la réglementation financières sont générales et manquent d'un contenu concert précis. Mais, dans ce contexte incertain, d'opposition entre les pays membres et de l'arrivée de nouveaux pays en développement dans ce directoire mondial, pouvait-on espérer plus de ce sommet? Mais, la véritable question qui se pose aujourd'hui est de savoir si ces décisions seront suffisantes à sortir de la crise et à relancer l'économie mondiale?
Commentaires