La nouvelle génération de la toile le web 2.0 nous a été présentée il y a quatre ans et au moment de son apparition comme étant un nouveau saut dans cette utopie du partage et de la socialité dont était porteuse la société virtuelle des temps post-modernes. Cette nouvelle révolution et les nouveaux sites qui se sont développés devaient nous réconcilier avec l'espérance de construire un monde meilleur et échapper à la logique marchande et au profit qui avaient fini par assaillir la première génération du web. Parti pour illustrer l'espérance d'un autre monde que nous n'avons pas réussi à mettre en place dans notre monde et qu'elle a cherché à construire sur la toile, la première génération du web n'a pas résisté à la tentation de l'argent et du profit.
La nouvelle génération du web 2.0 devait nous réconcilier avec l'utopie du partage et de la socialité qui sont au cœur du modèle de la société virtuelle. Cette nouvelle génération du web 2.0 a donné à une prolifération de l'imagination et de la créativité de nos sociétés. Très rapidement on a assisté à une multiplication des sites web dont les plus connus sont Myspace, YouTube, Dailymotion, Facebook et Twitter, le dernier de cette nouvelle toile. Ces sites ont donné à la nouvelle génération de web un développement sans précédent! Qui n'a pas mis en place son profil sur facebook? Qui n'a pas consulté tous ses fragments de films ou ses tranches de vis postés sur YouTube ou Dailymotion? Qui n'a pas reçu une proposition de rejoindre un groupe d'amis et une petite tribu sur le web 2.0?
Le web 2.0 est devenu très rapidement la nouvelle frontière de la société et du monde virtuel que la post-modernité a érigé comme une alternative aux maux et aux espoirs déçus du monde de la modernité et des révolutions classiques. La toile 2.0 a réussi rapidement à mettre en place deux principes essentiels qui étaient au centre du développement de la première génération et qui ont été progressivement emportés par l'obsession du profit et la quête de l'argent. Le web 2.0 est désormais basée sur une totale gratuité et en même temps sur les principes du partage et de la socialisation. Ce nouveau modèle économique a été à l'origine du développement sans précédent du web 2.0 et son succès universel. Mais, ce développement a pu être financé par le développement rapide de la publicité sur la toile qui est venu soutenir le web 2.0 et a pu assurer la principe de gratuité de cette nouvelle génération. Les chiffres du développement de la publicité sur le web 2.0 faisaient rêver les responsables de la presse traditionnelle qui souffraient de l'assèchement de cette manne sans précédent. On estimait à 30% en moyenne annuelle le taux de croissance des dépenses de publicité sur le web 2.0 au cours des dernières années.
Le développement de cette nouvelle génération de la toile a été à l'origine d'une forte valorisation de ses nouveaux sites et les sommes plus folles ont été avancées ses dernières années par de grandes sociétés pour prendre le contrôle de ses sites. Ainsi, Rober Murdoch a payé 500 millions de $ pour prendre le contrôle de Myspace. Yahoo a déboursé la même somme pour mettre le site FlickP dans son escarcelle et Google la rondelette somme de 1,65 milliard de $ pour se paye YouTube.
Or, depuis l'éclatement de la crise financière le modèle économique du web 2.0 est au plus mal. En effet, on a assisté à une chute des recettes publicitaires qui ont assuré jusqu'à maintenant le fonctionnement du système et sa viabilité. En 2009, la croissance des recettes publicitaires ne sera que de 9% dans un secteur habitué à des rythmes nettement plus importants. Du coup, les mesures de réduction des coûts n'ont tardé à se frayer un chemin dans un système qu'on pensait avoir échappé à la logique marchande. Et, même les plus grands et les sites les plus connus n'ont pas échappé à ce retournement de conjoncture. Ainsi, Facebook, l'un des derniers grands indépendants de la toile web 2.0 et en dépit de ses 200 millions d'abonnés, ne pourra pas échapper à une réduction drastique de ses coûts de fonctionnement et pourrait même licencier son personnel. Le site Twitter vient de lever 30 millions d'euros pour faire face à la baisse de ses recettes publicitaires sans disposer de véritables modèles économiques pour le futur. De son côté, eBay pourrait se désengager de Skype qu'il a acquis récemment pour 3,1 milliards de $. Yahoo, dont le rachat pour 47 milliards de $ par Microsoft a tourné court en 2008, sera certainement emmené à licencier plus de monde dans le futur après avoir licencié 2800 personnes en 2008. Google a également commencé à réduire ses effectifs pour faire face à cette baisse des recettes publicitaires et a déjà abandonné certaines projets de diversification.
Certes, ces nouveaux sites disposent d'importantes recettes et de ressources propres qui leur permettront de résister quelque temps à la crise. Cependant, l'approfondissement de la crise risque de fragiliser encore plus un monde qui a cherché à échapper à logique marchande du capitalisme et risque de réduire à néant les rêves et les utopies du web 2.0.
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